Industries techniques du cinéma et de l’audiovisuel : recommandations pour une sortie de crise

 

Jean-Frédérick Lepers et Jean-Noel Portugal ont présenté au Président du CNC, Eric Garandeau, des recommandations visant à promouvoir le développement des industries techniques du cinéma et de l’audiovisuel qui traversent depuis plusieurs mois une crise importante (voir notre article précédent sur la Liquidation des sociétés de post-production).

Les deux rapporteurs commencent par identifier les causes de la crise :

1) Le passage au numérique, avec un raccourcissement des cycles techniques, une durée d’exploitation des outils techniques (caméras, projecteurs…) qui est parfois inférieur à la durée d’amortissement en raison du volume et de la vitesse des innovations techniques : « Les industries techniques ont été malmenées dans leur économie, leur organisation, leurs ressources humaines et leurs besoins de formation. Elles ont encaissé en peu d’année, parfois peu de mois, une mutation profonde et l’on vécue pour beaucoup comme une crise et un danger ».

 2) La crise du crédit, avec des établissements bancaires particulièrement frileux et désengagés : « les industries techniques s’épuisent en recherche de financements de bas, moyen ou haut de bilan, les ultimes solutions à leur portée restant l’affacturage ou le crédit-bail ».

3) Les distorsions de concurrence et les délocalisations, avec des territoires comme la Belgique, le Luxembourg ou le Canada qui mettent en place des dispositifs fiscaux offensifs destinés à attirer sur leur territoire les tournages et la post-production et d’autres territoires tels que ceux asiatiques qui proposent main d’œuvre à faible coût …

Les rapporteurs rappellent qu’ « Astérix et Obélix au service de sa majesté » dont le budget s’élève en environ 60 millions d’euros a été tourné intégralement en Irlande, en Hongrie et à Malte.

Forts de ces constats, Jean-Frédérick Lepers et Jean-Noel Portugal proposent une série de recommandations parmi lesquelles figurent les suivantes :

1) Modifier la fiscalité de la filière cinématographique et audiovisuelle :

o   Hausser le plafond du Crédit impot cinéma et audiovisuel afin de le rendre la France plus attractive pour les films dont le budget est 7 à 20millions d’euros, ce qui aurait représenté près de 200 films en 2011, pesant au total 81% des dépenses budgétaires engagées (875 M€).

o   Augmenter également le taux du crédit d’impot international à 30% au lieu de 20%, et supprimer son plafonnement afin d’attirer les grosses productions étrangères qui sont à ce jour captés par des territoires dotés d’outils fiscaux plus attractifs.

o   Etablir un comité de veille des dispositifs fiscaux mis en place par les territoires concurrents.


 2) Revitaliser le dispositif des SOFICA notamment en en faisant un moyen d’investissement pour les entreprises et non plus seulement pour les particuliers et en les faisant intervenir au niveau du financement des industries techniques.

 3) Mieux soutenir la R&D.

4) Sécuriser la conservation des supports des oeuvres, notamment en soutenant la recherche et l’investissement dans des solutions de stockage numérique pratiques, fiables et durables (à la fois au sens de la longévité et de l’empreinte écologique).

5) Promouvoir une certaine intégration horizontale et verticale du secteur…

Julie Mialhe

18/04/2013

 

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